Le: 1 mai 2019

“L’engagement massif” des gendarmes dans le maintien de l’ordre du 1er Mai

01/05/2019 – L’Essor

Au lendemain des manifestations du 1er Mai, le général de division (2S) Bertrand Cavallier en tire un bilan “globalement positif”. Ce spécialiste reconnu du maintien de l’ordre estime que ce succès est notamment dû à “l’engagement massif” des gendarmes mobiles. Ils représentaient en effet “plus des deux tiers des unités de forces mobiles déployées”. Bertrand Cavallier dénombre “40 escadrons de gendarmerie mobile et 23 compagnies de CRS”. Ce ratio est d’ailleurs “à peu près constant depuis des mois” pour les forces engagées à Paris sur le mouvement des Gilets jaunes, rappelle-t-il. Au niveau général “103 des 109 escadrons étaient employés”. 

Les gendarmes oubliés le soir du 1er Mai

“Si on y regarde de plus près, onze escadrons engagé en maintien de l’ordre à Paris le 1er mai ont basculé dès le lendemain matin à l’aube sur le déplacement présidentiel à Chambord. En trois jours, ils auront effectué plus de 40 heures de service”, détaille le général Cavallier. Tenant de la militarité de la Gendarmerie, il se félicite que “la culture et l’esprit militaires” de l’Institution lui ait permis de faire preuve d’une disponibilité remarquable.

Les mobiles étaient donc présents en force lors des manifestations. Mais ils n’étaient pas là pour l’intervention de Christophe Castaner, au soir du 1er Mai. Une absence que regrette Bertrand Cavallier, se faisant l’écho de gendarmes mobiles. 

“Je pense que le ministre aurait été bien inspiré, en félicitant les CRS et les policiers de la préfecture de Police, de faire en sorte que des gendarmes soient présents”.

Au niveau des modes d’action, “le préfet a donné des directives très claires aux unités afin qu’elles soient d’avantage réactives”. Ajoutées aux contrôles préventifs mis en place dans les gares et points de passage obligés, elles ont permis aux forces mobiles de “prendre l’ascendant dès le départ”. “De toute évidence, on voit que le préfet Lallement imprime sa marque”, note Bertrand Cavallier 

Comment expliquer qu’avec ces consignes de fermeté, seuls 24 manifestants aient été légèrement blessés dans les échauffourées du 1er Mai? “Ce n’est pas un paradoxe”, juge le général Cavallier. “Quand les forces de l’ordre ne subissent plus, l’usage de la force est moindre. Par ailleurs, ce sont des professionnels, gendarmes mobiles ou CRS, qui ont principalement mené les actions de vive force, type charge et interpellation”. 

Pistes d’amélioration

Si le bilan général est donc globalement positif, il existe encore des pistes d’amélioration, juge le général Cavallier. En particulier, en ce qui concerne la chaîne de commandement. “Il faudrait initier une réflexion sur l’opportunité de mettre en place une délégation de la gendarmerie mobile au sein de la préfecture de Police, à l’instar des CRS”. 

Par ailleurs, la “cohérence de la manoeuvre” pourrait, selon lui, être améliorée en valorisant la chaîne hiérarchique, “et notamment les groupements tactiques Gendarmerie. Pour des évènements d’ampleur, un lieutenant-colonel ou un colonel commande ces regroupements d’entre 2 et 6 escadrons. Ils sont les “seuls à même de garantir, sous la pression de l’événement, une coordination efficace entre les unités”.

Dernier point à améliorer, selon le général Cavallier: la réponse pénale “à l’encontre des auteurs des infractions les plus graves”. En condamnant leurs auteurs, “c’est bien à la justice d’apporter une solution plus durable”, conclut-il.

Matthieu Guyot

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