17Jan
Le: 17 janvier 2019

LBD : le débat de l’Essor entre le Défenseur des droits et le général Cavallier

17/01/2019 – L’Essor

Le mouvement des “‘Gilets jaunes” a relancé le débat sur  l’utilisation des lanceurs de balles de défense en, particulier le LBD 40, jugé dangereux après plusieurs blessures, dont certaines très graves, telles celles subies à Bordeaux par un sapeur-pompier volontaire.

Ce jeudi, le Défenseur des droits  a demandé  la suspension de l’usage des lanceurs de balles de défense (LBD). Il avait déjà préconisé leur interdiction dans un rapport remis il y a tout juste un an à François de Rugy, président de l’Assemblée nationale.

L’Essor avait organisé un débat entre le défenseur des droits, représenté par Claudine Angeli-Troccaz, son adjointe en charge de la déontologie de la sécurité, et le général (2s) Bertrand Cavallier, spécialiste du maintien de l’ordre. Il avait été publié dans notre magazine n°516 d’avril 2018. En voici quelques extraits

Claudine Angeli-Troccaz

Claudine Angeli-Troccaz (Photo MG/L’Essor)

Notre rapport est un état des lieux qui montre que la mise en œuvre du maintien de l’ordre dit « à la française » correspond à une réalité très hétérogène.

A partir de cette étude, nous avons fait des constats et des propositions qui visent à susciter la réflexion et le débat.
Nous avons proposé de supprimer le lanceur de balles de défense, car nous avons constaté que cette arme est à l’origine de blessures graves. 

Dans les dossiers que nous avons eu à traiter, nous avons constaté que l’usage du lanceur de balles de défense ne correspondait pas à des situations de légitime défense, mais à des utilisations en dehors du cadre d’emploi”

BIO Adjointe du Défenseur des droits, chargée de la déontologie de la sécurité depuis décembre 2014, Claudine Angeli- Troccaz est magistrate. Elle était auparavant adjointe de l’avocat général central à la Cour d’appel de Paris, après avoir été inspectrice des services judiciaires.

Général Bertrand Cavallier

Bertrand Cavallier (Photo MG/L’Essor)

“Le lanceur de balles de défense constitue la réponse minimale en termes de légitime défense collective ou individuelle face à ce type d’agressions, avec, bien entendu, des conditions d’emploi très encadrées d’un point de vue juridique et pratique.

Je souhaite que son usage soit maintenu, avec une formation, des règles d’engagement et des conditions d’emploi très strictes. 

Lorsqu’on observe l’usage qu’en a fait la Gendarmerie au maintien de l’ordre, on compte 15 lancers en 2017. Le problème n’est-il pas que cette arme a été utilisée de façon inopportune par des gens non for- més, et qui ont commis des erreurs d’ap- préciation ? Si c’est le cas, toute la gamme de moyens peut être remise en cause.”

BIO Le général de division (2S) Bertrand Cavallier a quitté la Gendarmerie en 2011. Ancien com-mandant du Centre national d’entraînement des forces de gendarmerie de Saint-Astier (Dordogne), c’est un spécialiste reconnu du maintien de l’ordre.
Retrouvez l’intégralité du débat publié dans le numéro 516 de l’Essor en cliquant ici